
Est-il possible de participer à un dîner de cons à l’envers ? C’est-à-dire un dîner où vous êtes convié et où les invités sont tous des cons sauf vous ?
Je crois que j’ai vécu cette situation, entouré de gens prétentieux et égo-centrés, persuadés de détenir une vérité qui échapperait au peuple-mouton, tous énervés, fatigués et révoltés par la bêtise commune des autres, et convaincus d’être supérieurs, éclairés, voire élus.
Evidemment, je peux me tromper, et que ce soit moi le con de la soirée. A la limite, si c’est le cas, j’accepte de bon coeur cette position de con, plutôt que celle de présomptueux gonflé de vanité.
C’est décidé, je vais écrire un livre sur la connerie (la référence sur ce sujet restant à jamais « Mémoire d’un vieux con » de Roland Topor). Citation :
Il ne faut jamais juger les gens sur leur apparence, ni sur le reste. Il faut les juger sur ce qu’il ne sont pas.
Vous allez me dire, la connerie est une notion subjective, on est tous le con de quelqu’un. Certes, on peut quand même saisir la connerie, il me semble que certains signes existent, qui cumulés font un faisceau de présomptions. Quand j’étais jeune, j’utilisais le terme « beauf », le genre de mec à briquer sa bagnole tous les dimanches, à penser que sa femme devait rester dans la cuisine, raciste, sexiste et homophobe… (confer Renaud, et merci). Pour ceux qui penseraient que c’est un temps révolu (traitez-moi de vieux pendant que vous y êtes), eh bien non, pas du tout. Voici deux « histoires drôles » racontées pendant ce dîner :
Quelle est la différence entre une femme et un ouragan ? Aucune. Au début, c’est chaud et humide. Après, ça part avec la voiture et la maison.
Quelle est la différence entre un chercheur d’or et un homosexuel ? Voilà (c’est visuel). Le chercheur d’or secoue son petit tamis comme ça (mouvement de droite à gauche), alors que l’homosexuel secoue son petit ami comme ça (mouvement d’arrière en avant).
Je crois que la seule évolution, c’est qu’avant, on aurait utilisé le mon pédé au lieu d’homosexuel. C’est mince.
Des cons je vous dis, objectivement.
Alors, sans doute, vous allez me demander pourquoi je ne suis pas parti de ce dîner, pourquoi je n’ai pas exprimé mon indignation ? J’avoue que je ne résiste pas au plaisir d’observer ces gens de l’intérieur, comme un journaliste d’investigation que s’immergerait chez des trafiquants de drogue ou une secte suicidaire, voir jusqu’où la connerie peut aller, sonder l’insondable ! Et admettons-le, avec les cons de ce calibre, on n’est jamais déçu, la surprise est à chaque phrase.
Alors, ne m’en veuillez pas, j’y retournerai. C’est con, mais j’y retournerai.
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