Histoire de Puisaye : le sanglier.

« L’extra-ordinaire vie amoureuse de la femme à barbe » se déroule en partie en Puisaye, vous le savez maintenant. Un chapitre raconte une histoire de sanglier, plus précisément une séance de chasse au sanglier. Je n’ai jamais été chasseur, mais par contre, j’ai souvent croisé des sangliers de près, face à face.

J’ai un souvenir marquant, un souvenir d’enfance, avec mon grand-père Paul, à l’époque où il était chauffeur routier. Voici donc l’anecdote en Puisaye n°2 : Le sanglier est une tête de cochon.

Chaque fois que l’occasion se présentait, je l’accompagnais dans ses tournées. Et cette fois, c’était en plein hiver, la neige était tombée en masse, il était difficile de distinguer la route, j’étais frigorifié mais trop fier pour renoncer. C’est en haut d’une côte interminable que nous avions croisé ce sanglier, un mâle énorme, autant frigorifié que moi, mais encore plus fier. L’animal restait planté au milieu de la route, avec un regard têtu, du genre qui ne bougera pas. Mon grand-père était descendu du camion pour faire fuir le sanglier, agitant les bras en moulinets, criant des Ah et des Oh, tapant du pied, mais sans le moindre résultat. De son côté, le bestiau grognait son mécontentement, la fumée sortait de ses narines, on aurait dit un dragon. Alors mon grand-père était remonté dans le camion, nous avions contourné le sanglier, au risque de basculer dans le fossé, puis nous avions repris la route comme si de rien n’était.

Comme toujours, cette anecdote ne figure pas dans mon livre, elle a juste marqué mon parcours d’enfant, jusqu’à nourrir mon imagination d’adulte. Et en situant mon roman en Puisaye, vous comprenez pourquoi il me fallait un sanglier ! Obligé !

Petit plus romanesque : j’ai repensé que la neige devait atteindre les trente centimètres, que le sanglier est court sur pattes par nature, et donc, que l’animal avait les balloches qui trainaient dans la neige, ce qui peut justifier a posteriori sa raideur mentale et sa mauvaise humeur. On peut comprendre ! Mettez-vous à sa place !

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