Le WE dernier, je dînais chez des amis, il y avait une dizaine d’invités. Dans la conversation, j’ai lâché cette phrase inattendue : « Plus tu es vieux, plus tu as de chances de vivre vieux ». La conversation est restée suspendue un instant, le temps de comprendre si cette phrase avait vraiment un sens. Puis les échanges ont repris, comme si cette expression était une simple lapalissade, et qu’il était trop tard pour philosopher.
Dans mon livre, je prends le peuple Hadza de Tanzanie comme exemple de communauté traditionnelle, éloignée du mode de vie moderne : cette population possède un microbiote riche et diversifié par rapport aux personnes vivant dans le monde occidentalisé. Une des raisons de cette diversité microbiotique est la forte transmission horizontale des microbes, liée à l’absence d’équipements sanitaires, au bas niveau de médication, à la vie en groupe… La contrepartie est évidemment une espérance de vie très basse, seulement 31,5 ans.
Je n’aborde pas cette question de l’espérance de vie dans mon livre, un peu hors-sujet par rapport au microbiote, mais c’est pourtant un point intéressant. Voici une donnée complémentaire qui interpelle : un Hadzabé qui atteint l’âge de 18 ans a une forte probabilité d’atteindre 60 ans. Autrement dit, le chiffre de « 31,5 ans » est l’espérance de vie d’un Hadzabé à la naissance : en particulier, cette valeur statistique tient compte de la très forte mortalité infantile. On peut exprimer les choses différemment : à 18 ans, l’espérance de vie d’un Hadzabé est de 60 ans.
Voilà pourquoi : « Plus tu es vieux, plus tu as de chances de vivre vieux ».
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