Depuis quelques années, les analyses du microbiome (ADN du microbiote) prennent une importance croissante en médecine légale. Chaque individu possède une signature bactérienne unique, au niveau intestinal bien sûr, mais également au niveau cutané. Certaines bactéries de la peau peuvent être transférées aux personnes ou aux objets avec lesquels un contact se produit, et ce contact laisse une trace… d’ADN microbiotique. En cas de vol, de cambriolage, d’agression…, il est désormais envisagé de confondre le suspect par les traces d’ADN résultant du contact cutané avec la victime ou avec son environnement : on parle de « Touch microbiome ».
Un intérêt particulier de cette méthodologie concerne les agressions sexuelles. Il est démontré que des bactéries sont transférées entre les partenaires pendant la relation sexuelle, que cette relation soit consentie ou non. Sur le plan microbiologique, il s’agit d’un échange entre deux microbiomes uniques : autrement dit, il est possible d’établir que deux personnes ont eu des rapports sexuels en fonction des bactéries retrouvées chez ces personnes, y compris en cas de rapport forcé. Les agressions sexuelles étant généralement de nature hétérosexuelle, l’échange se fait principalement entre le microbiome vaginal et le microbiome pénien. Certaines bactéries de l’homme demeurent sur la femme, et inversement, certaines bactéries de la femme sont retrouvées sur l’homme : l’ADN des bactéries « masculines » prélevées sur la femme violentée sont des éléments d’identification de l’homme agresseur. L’ADN microbiotique des organes sexuels s’appelle le « sexome ».
Un certain nombre d’éléments techniques restent à explorer, comme le passage du microbiome cutané sur les vêtements, la persistance sur les tissus dans le temps, sa transférabilité depuis l’environnement… Les méthodes d’extraction de l’ADN doivent également être validées afin de fournir un véritable outil complémentaire à la Police scientifique.
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